Essai : Hyundai Bayon 1.0 T-GDI 100 : Le petit dernier de la bande est-il le meilleur ?

Le plus petit des SUV Hyundai à l’essai

Hyundai et les SUV, c’est une histoire d’amour. Les Santa Fé et Tucson ont beaucoup contribué à assoir l’image du constructeur Coréen, implanté depuis 1992 en France. On comprend mieux pourquoi la marque capitalise sur ce genre, notamment avec le Kona, mais aussi avec le Bayon, lancé en 2021. Le Bayon, c’est donc le petit dernier de la bande, et le plus petit des SUV de la firme. Le Bayon repose sur la plate-forme de la citadine i20 (il sort des mêmes lignes de production), et bataille sur le segment B SUV. Quant à son nom, il n’a pas été choisi au hasard : conçu pour répondre à la demande de la clientèle Européenne, il a donc reçu un nom « bien de chez nous » . Avec beaucoup d’espièglerie, Hyundai nous a invité à essayer son dernier SUV, entre Biarritz et… Bayonne. Sans plus attendre, mon essai du Hyundai Bayon 1.0 T-GDI 100 !

Un gabarit (un peu) plus compact, et un look spécifique pour le Hyundai Bayon

S’étirant sur 4,18 m de long et 1,49 m de haut, le Bayon est un peu plus compact que son « grand » frère Kona (ce dernier fait 4,20 m de longueur, et 1,56 m de haut). Si la différence n’est donc pas flagrante mètre en main, elle est beaucoup plus sensible au niveau look. Recevant la nouvelle identité stylistique « Sensuous Sportiness » de Hyundai, le Bayon ne manque pas de personnalité, avec ses feux arrières en forme de flèche, ses flancs acérés, ou encore ses sabots de protection avant/arrière (une référence claire aux codes des SUV).  Le résultat est encore plus probant avec le toit noir contrasté optionnel (facturé 400 Euros), qui se marie bien avec la lunette arrière noire/fumée du Bayon.

Un intérieur déjà connu et moderne, aux matériaux trop communs 

L’intérieur du Bayon vous rappelle quelque chose ? C’est normal : il est repris de la citadine i20, sans aucun changement !

Bien dans l’air du temps, cet habitacle est très fonctionnel, avec de pratiques rangements (mention spéciale aux larges bacs de portière), un support de recharge par induction du smartphone, 3 ports USB, et des sièges qui englobent bien.

Déjà vus sur d’autres modèles de la gamme (dont le Kona), l’instrumentation et l’infotainment sont composés de deux écrans de 10,25 pouces (de série dès le milieu de gamme). Ces derniers sont parfaitement au goût du jour, avec des graphismes agréables, et une bonne réactivité. Évidemment, les connectivités Apple CarPlay et Android Auto sont de la partie.

Uniformément rigide, la planche de bord est certes bien assemblée, mais les matériaux utilisés manquent par trop de raffinement. Le Bayon marque ici le pas, notamment face au Kona, un peu moins moderne dans sa présentation, mais bien plus flatteur.

Des aspects pratiques intéressants

Le Hyundai Bayon soigne ses aspects pratiques. Ainsi, et même s’il reprend la plate-forme de l’i20, il offre plus d’espace à bord que cette dernière, et notamment un volume de coffre supérieur (malgré la présence de la batterie du système de micro-hybridation sous le plancher). Avec ses 411 litres, le Bayon se targue même d’offrir une soute plus grande que le Kona !

Une motorisation à hybridation légère pour le Hyundai Bayon 

Étoffé sur le Kona (thermique avec hybridation légère, full hybrid et électrique), le choix de motorisations est beaucoup plus réduit sur le Bayon.

Et pour cause : il n’y a que 2 motorisations disponibles : un modeste 1.2 essence thermique de 84 ch (qui est surtout là pour proposer un prix d’appel), et celui qui représentera la quasi-totalité des ventes : un 3 cylindres 1.0 T-GDI de 100 ch, avec hybridation légère 48V. Ce dernier est disponible avec une boîte mécanique (à 6 rapports), ou une transmission à double embrayage DCT-7.

Au volant du Bayon 1.0 T-GDI 100

Si vous avez déjà conduit la dernière génération d’i20, vous ne serez pas dépaysé par la conduite du Bayon. Et pour cause : les impressions sont globalement les mêmes.

Les commandes sont douces, l’amortissement offre une bonne qualité de filtration, et le petit 1.0 T-GDI déploie beaucoup d’efforts pour faire oublier son architecture 3 cylindres. Assez souple, il accepte sans broncher d’évoluer sur des rapports élevés, même s’il faudra évidemment rétrograder pour gagner en nervosité. En parlant de ça, notez que le Bayon dispose d’une fonction rev-matching au rétrogradage lorsque le mode Sport est enclenché, à l’instar de la truculente i20 N !

Grâce à son poids contenu, le Bayon offre des performances certes pas ébouriffantes, mais franchement honorables pour son niveau de puissance (0 à 100 km/h en 10.7 secs), et ce même s’il pâtit d’un étagement de boite trop long sur les 3 derniers rapports. Pas dénué de caractère mécanique donc, le 1.0 T-GDI offre une sonorité rauque en charge, typique des 3 cylindres.

Au niveau consommation, le Bayon regorge d’artifices pour diminuer sa consommation : hybridation 48 V / Stop and Start, et astucieux mode roue-libre, qui se déclenche assez souvent (la voiture nous incite parfois d’elle-même à lâcher l’accélérateur, par exemple à l’approche d’un rond-point). Dans les faits, il faut adopter une conduite apaisée pour tirer le meilleur parti de la mécanique, avec une moyenne en mixte dans ces conditions à environ 6,5 L / 100 km. En conduite sportive en revanche, la consommation augmente significativement : sur des routes tortueuses et escarpées, et en ne ménageant pas (du tout) le Bayon, la moyenne grimpe à près de 10 L / 100 km.

Une tenue de route efficace

La tenue de route du SUV Coréen se montre plutôt efficace pour un engin de cette trempe. Sans aller jusqu’à parler de direction au feeling exacerbé ou d’une vivacité hors du commun, j’ai tout de même pris un réel plaisir à « secouer » le Bayon sur les routes sinueuses du Pays Basque. Dans cet usage (qui s’éloigne sensiblement de celle d’un bon père de famille), le Bayon offre un belle équilibre et un certain talent, même si ses pneus à flancs hauts n’hésitent pas à signaler leur mécontentement dans les virages abordés de façon (trop) optimiste.

Dommage qu’il pâtisse d’un rayon de braquage trop important, parfois pénalisant en environnement urbain. Notez enfin que le Bayon dispose de nombreuses aides à la conduite, avec le freinage d’urgence autonome et l’assistance active au maintien en voie de série, tandis que la version haut de gamme Executive dispose du régulateur adaptatif ou du détecteur d’angle mort, des raffinements plutôt rares pour un petit SUV.

Gamme et tarifs du Hyundai Bayon

La gamme du Hyundai Bayon débute à 18.150 Euros, avec le modeste 1.2 84 ch (qu’il vaut mieux oublier, sauf si vous n’évoluez qu’en ville). Le 1.0 T-GDI 100 Hybrid 48V débute quant à lui à 20.150 Euros. Pour un coeur de gamme Creative, comptez 24.900 Euros, la boîte automatique DCT-7 réclamant un supplément de 1.300 Euros. Une bonne pioche dans la gamme, puisque la version Creative offre déjà un bel équipement : phares Bi-LED, caméra de recul, navigation 10,25 pouces, accès/démarrage main libre…

Au final, la différence est de 1.800 Euros par rapport à un Kona équivalent (1.0 T-GDI 120 N Line Creative). Tous deux profitent évidemment de la garantie 5 ans kilométrage illimité.

Conclusion : Une bonne pioche

Facturé 2.000 Euros de plus qu’une i20 équivalente (modèle dont il reprend sa plate-forme, son habitacle et sa motorisation), le Hyundai Bayon est une bonne pioche. Il offre en effet un surcroit d’espace appréciable (à l’arrière et dans le coffre notamment), tout en conservant un gabarit relativement compact, et en ne sacrifiant absolument pas les bonnes qualités routières de l’i20 (merci la prise de poids limité). Il ne reste qu’à lui pardonner ses plastiques intérieurs trop basiques, et l’étagement de boite long comme un jour sans pain sur les 3 derniers rapports. Vendu à un tarif compétitif, le Bayon gagne clairement à être connu !